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Une île bénie des dieux
L’article que nous avions sous les yeux à l’époque présentait une île que nous ne connaissions même pas de nom. Cependant, les photos sont superbes et Kalymnos, c’est ainsi qu’elle se nomme, n’aura pas à argumenter longtemps. Le soleil, les rochers, la mer, l’endroit nous convient. Nous tenons la destination de nos prochaines vacances.
Les 2700 kilomètres qui nous séparent de notre île suggèrent de prendre l’avion de Bruxelles à Kos. Quelques recherches sur la toile, et nous réservons les billets ainsi qu’un petit studio. Hormis quelques détails à régler, il ne restait plus qu’à patienter quelques longues semaines avant le départ. Mais ce jour arrive enfin et nous sommes prêts.
Arrivés à Kos, aussitôt que nous récupérons nos bagages, nous laissons les touristes à leurs hôtels climatisés pour rejoindre le port de Mastihari. De là partent des bateaux pour Kalymnos, que nous apercevons enfin des yeux. A ce moment, le temps est à la pluie. Nous devrons patienter quelques heures sous les gouttes, en compagnie de nos valises et d’une colonie de chats aux poils hirsutes se disputant quelques restes de poisson. Mais le soleil nous fera l’honneur d’assister à notre traversée de la mer Egée et de ne plus nous quitter pendant quinze jours.
A Pothia, la métropole de l’île, sur le quai, une kyrielle de taxis attendent, stratégiquement garés en épis, que le bateau libère ses voyageurs. A peine à terre, nous accostons le chauffeur le plus proche et prenons la route pour Masouri.
Photo 1 : Pothia, la métropole de Kalymnos, à l'aube
Au studio, les toilettes dans la douche et l’eau non potable du robinet ne correspondent pas exactement à ce que laissaient présumer les photos sur Internet. Mais de la terrasse, la vue est imprenable ! L’île de Telendos est imposante. A cette heure, un contrejour absorbe les détails du relief et les derniers rayons du soleil qui s’apprête à fondre dans l’eau couronnent cette pyramide sombre et imperturbable. Nous sommes face à la mer et les falaises sont à portée de main…
Photo 2 : Coucher de soleil sur Telendos
Photo 3 : Louise et la mer en fin de journée
Aussitôt les bagages rangés, la question du topo me taraude l’esprit. Et il va falloir que j’y réponde si je veux bien dormir. Les falaises nous donnent envie d’y goûter rapidement, mais j’avais lu sur Internet que le topo était indisponible depuis quelques mois. Nes, la propriétaire d’un magasin d’articles d’escalade, nous le confirme le soir de notre arrivée. La version mise à jour sera disponible dans une semaine. Moi, je trouve ça long ! Mais une liste photocopiée des voies est disponible. Nous la compléterons grâce à l’ancien topo qu’elle nous propose ainsi qu’à tous les grimpeurs qui débarquent sur l’île. La seule condition étant qu’on le lui ramène le lendemain soir, pour les suivants, dit-elle. Bien utile !
Dès le jour qui suit notre arrivée, nous attaquons les massifs à proximité du studio. Les voies s’enchaînent dans des styles aussi différents qu’agréables. Des dalles, des dévers, des colonnettes, … C’est magique ! La roche calcaire attaquée par l’air salin est sculptée de prises variées très adhérentes, à la limite d’être coupantes par endroit. Mais les genoux de Louise en témoigneraient mieux que moi. La mer pour coulisse et le ciel bleu comme plafond sont les seules constantes. Quant à la chaleur, mes doutes sont vite dissipés par la brise de mer qui rafraîchit comme il faut.
Photo 4 : Sur les colonnettes de « Thétis », 6b
Photo 5 : Louise dans Menealos, 6a+ Photo 6 : Dernière voie de la journée
Cependant, notre île est relativement grande, et nos jambes un peu courtes pour la visiter et profiter des autres massifs. Sur ce, le quatrième jour nous louons une mobylette, façon Greek style. Greek style, c’est sans le casque adéquat. Ce n’est pas le plus sûr, mais le casque de grimpe remplirait bien honnêtement cette fonction. C’est donc à deux avec : la corde, les sacs de grimpe, les provisions, les maillots et nos casques d’escalade sur la tête, que nous enfourchons le scooter. L’aspect pratique et amusant m’emballe d’emblée. Nous ne sommes pas tous les deux du même avis enthousiaste, mais je promets de ne pas rouler vite. Nous voilà partis, moi un œil sur la route et l’autre sur la vitesse.
La première escapade motorisée s’organise pour aller voir les massifs au nord de l’île. Ils sont encore plus beaux que les autres. C’est assurément dû à l’absence d’hôtels et au caractère sauvage de l’île en cet endroit. Les chèvres déambulent sur les routes et consomment les plantes qu’elles rencontrent. Les boucs à la tête du troupeau portent fièrement leurs cornes tortueuses. Plus fidèle encore que le harem de chèvres, leur odeur caractéristique les suit au pas. Autant dire que l’on sait tout de suite dans quelle direction souffle le vent. Par la suite, nous irons dès que possible dans la partie septentrionale de l’île, c’est tellement beau.
Photo 7 : Secteur Odyssée
Les falaises que nous visitons sont toutes fantastiques. Le style intelligent des équipeurs nous surprend agréablement. Ici, on pose les points pour grimper en sécurité. Mais on s’y habitue vite. On travaille des voies, les longueurs s’enchaînent, le topo se remplit de croix.
Les journées se terminent alors souvent dans la mer bleue. Les plages de galets sont nombreuses. Elles ne se valent pas toutes mais nous trouvons quelques endroits agréables. En cette saison, on ne doit plus se frayer un chemin dans un labyrinthe de serviettes de plage et de parasols. Hormis quelques grimpeurs ou des autochtones, à l’heure de la baignade les plages sont pratiquement désertes.
Bien malheureusement, la fin du séjour arrive impassiblement. Il est temps de laisser notre île à d’autres. La veille du départ nous prenons un arrangement avec un taxi par l’intermédiaire de l’épicier chez qui nous faisions nos ravitaillements. Rendez-vous est pris pour le lendemain matin 6h.
C’et un peu la mort dans l’âme que nous gagnons le port pour embarquer sur le ferry. La traversée, l’enregistrement à l’aéroport, la douane, l’embarquement. Tout s’enchaîne sans anicroche. Quelques minutes à peine après le décollage nous survolons le décor de nos vacances. On reconnait les villages et les falaises. Nous laissons derrière nous tous ces repères, pour ne ramener que les souvenirs. On s’est déjà promis qu’on reviendrait.
Trois heures plus tard, l’avion atterrit à Bruxelles. Les traits marqués par la fatigue du voyage, nous patientons encore plus d’une heure pour récupérer les bagages. Direction la sortie, ou la famille nous accueille sous le soleil. Nous aurait-il suivi ? …
Kalymnos pratique
Voyage :
- Prendre l’avion de Bruxelles à Kos (Entre 160 et 320 € aller / retour avec JETAIR)
- Rejoindre le port de Mastihari en bus (bus AEGEAN AIRLINES, 2 €). Sinon prendre un taxi (entre 10 et 15 € selon l’humeur du chauffeur)
- A Mastihari prendre le ferry pour Pohia (3,5 €). Les tickets s’achètent au kiosque du port. (Une alternative au ferry consiste à prendre le DOLPHINS. Les tickets s’achètent dans une agence de voyages bien visible depuis le port. Il est conseillé de les prendre à l’avance, le nombre de place étant limité)
- A Pothia, rejoindre Mastihari en taxi (10 €) ou en bus (1 €). L’arrêt de bus se trouve derrière le bâtiment de style italien de l’autre côté du port.
Logement :
- Divers studios sont à louer sur Internet. Compter 175 € par semaine pour un studio 2 personnes.
- Il est pratique de louer à Mastihari. Les falaises, les pubs et le ravitaillement sont à proximité.
Escalade :
- Nombre de voies : plus de 800
- Majorité des voies entre 6a et 6c. L’équipement est excellent. Les cotations parfois un peu larges, mais ce sont les vacances …
- Niveau requis : 5+ en tête pour en profiter un maximum.
- Rocher : calcaire (dont du tuffeau)
- Matériel : majorité des voies en une longueur (corde de 70 m). Certaines voies en plusieurs longueurs requièrent une corde à double de 50 mètres. Compter 14 dégaines pour être sûr d’en avoir assez. Un ou deux mousquetons pour les moulinettes.
- Période : le topo annonce qu’il est possible de grimper toute l’année. Personnellement j’éviterais les mois d’été. Nous sommes partis fin septembre, il faisait parfois trop chaud l’après-midi …
- Topo : Kalymnos – Rock Climbing Guide, by Aris THEODOROPOULOS. Edition 2006 (35 €)
Ravitaillement :
- A Masouri on trouve largement de quoi se ravitailler en nourriture et en boisson. Les magasins sont cependant plus chers qu’à Pothia.
- De nombreux snacks et restaurants permettent de manger pour des sommes modiques à Masouri.
Déplacement :
- Si on loge à Masouri, on accède à pied à quasi la moitié des massifs de l’île.
- Le bus est une alternative très économique mais manque de flexibilité (1 €).
- La mobylette est un moyen sympa et pratique de se déplacer. (9 € par jour).
Divers :
- Argent de poche (taxi, bus, nourriture, restaurant) : environ 250 € par personne pour 15 jours.
Références Internet :
- Le site internet www.kalyrock.com est très complet. Possibilité de réserver le logement via le site.
Thierry JAMMES – CAB Liège (08/11/2006)
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