Rwenzori : Trekking en République Démocratique du Congo

Le Rwenzori 

Source du Nil blanc et montagnes de la lune de Ptolémée : le Rwenzori est un massif montagneux africain à la frontière entre l’Ouganda et la République Démocratique du Congo pays de tous les superlatifs. Il abrite également le 3ème plus haut sommet d’Afrique après le Kilimanjaro et le Mont Kenya : le pic Marguerite.

Bon le Rwenzori n’est qu’une des nombreuses sources du Nil et Ptolémée n’y a jamais mis les pieds, mais le fait d’évoquer son nom ajoute un peu de légende au lieu.

Géographie et histoire :

C’est là :

Situé dans le Parc national des Virunga côté RDC, célèbre également pour ses gorilles et dans le parc national du Rwenzori côté Ougandais.

Nous allons nous intéresser ici à la partie Congolaise, beaucoup moins connue et exploitée.

Pour la petite histoire, c’est le célèbre Duc des Abruzzes (de son vrai nom Louis-Amédée-Joseph-Marie-Ferdinand-François de Savoie-Aoste) qui fut le premier à faire l’ascension du point culminant du Rwenzori (5109m d’altitude) en 1906, d’où les noms aristocratiques qu’il donna à tous les sommets du secteur. Le pic Marguerite, c’est en l’honneur de Marguerita de Savoie.

Le Rwenzori est une vraie chaine de montagne (120km sur 30km). Rien à voir avec le Kilimandjaro ou le mont Kenya qui sont des volcans.

Positionnement des 4 gites : dans l’ordre Kalonge, Mahangu, Kiondo et La Corniche.

Le trek :

Avant le départ : l’organisation se fait via le parc des Virunga (https://visitvirunga.org/treks/). Pour information les prix sont fixés par le gouvernement Congolais et non par le parc. Un guide vous sera alloué et il faut également prendre des porteurs : j’en ai pris 3 ; 1 pour le guide (à sa décharge, le guide doit transporter sa kalachnikov. Oui tous les guides sont également des rangers, en charge de la protection de la faune mais également des touristes. Honnêtement il ne pourrais pas faire grand-chose face à un groupe de Mai-Mai, mais pas de panique, le Rwenzori est trop difficile d’accès et loin des axes intéressant pour les rebelles. C’est le petit plus Congolais par rapport à son voisin Ougandais). 1 autre porteur pour soi et un 3ème pour l’ensemble du groupe.

A savoir, le Rwenzori, ce n’est pas Chamonix. En cas de pépin il n’y aura pas d’hélicoptère pour venir vous chercher. Vous ne pouvez compter que sur vous-même et vos équipiers. Lors de mon départ 2 autres groupes étaient dans le montagne : c’était déjà énorme.

Au niveau budget, un porteur c’est 7€/jour + 3€/jour pour sa nourriture. Pour le guide : son salaire est inclus dans le prix mais pas sa nourriture (3€/jour). Pour information : le salaire pour un ouvrier qui casse des cailloux toute la journée est de 3€/jour et le taux de chômage doit être de 80%. Il est préférable de payer avant si vous voulez partir tôt : ça donnera le temps à votre petit groupe d’aller acheter la nourriture nécessaire avant le départ.

Mutsora-Kalonge : départ de la station ICCN de Mutsora (1200m d’altitude) vers Kahinga (au pied du massif) pour partir vers le premier gîte, celui de Kalonge à 2138m d’altitude (refuge le plus à gauche de la carte). Attention au bout d’une heure de marche vous verrez tous vos porteurs et votre guide s’arrêter et se faire un bon gueuleton au niveau du centre des porteurs.

La première partie est facile, les difficultés du terrain vont crescendo. Personnellement, j’ai

fait l’impasse du gîte à Kalonge faute de temps disponible pour réaliser mon trek, mais c’est une mauvaise idée si vous souhaitez faire l’ascension du pic Marguerite ou passer du temps en altitude : respecter les temps d’acclimatation (1000m d’ascension / jour), le voyage n’en sera que plus agréable.

Premier petit interlude, la faune : beaucoup de vaches, une famille de petits singes au début du parcours. Niveau mammifère, il ne faut pas s’attendre à voir des éléphants des forêts, des gorilles des montagnes ou encore des okapis. Tous ces animaux sont visibles mais dans les parties du parc qui sont activement protégées. Ici tous ont déjà été chassés et mangés. A partir de 3000m, j’ai aperçu au loin une espèce de mouton local et des déjections de léopards très actifs dans ce secteur (sans les voir, bien entendu, les léopards chassent la nuit et ce sont des solitaires très discrets). Par contre niveau oiseaux et insectes il y a beaucoup à admirer. Un magnifique oiseau noir à ailes couleur émeraude dont je ne connais pas le nom à 4200m d’altitude à côté du lac noir est ancré dans ma mémoire à l’instar de ces petits papillons virevoltant telles des petites fées au milieu des arbres recouverts de mousse à 3500m d’altitude.

Kalonge-Mahangu : la marche est un peu plus raide mais encore accessible. Attention toutefois à la pluie ou la neige qui peut grandement complexifier votre marche. Il faut faire le plein d’eau dans les rivières avant ce gîte, car ce sont les dernières rivières que vous croiserez. Par la suite se sera de l’eau provenant de cuves en plastique collectant l’eau de pluie des toits des gites (à faire bouillir avant utilisation). Mahangu est situé à 3300m d’altitude.

Second petit interlude, la météo : j’ai croisé à Mahangu un autre groupe qui redescendait dans la vallée, ils m’ont averti de faire attention, car il y avait de la neige à partir de 3500m, et ils n’ont eu que du mauvais temps. De mon côté je n’ai eu, sur mes 4 jours passés dans le Rwenzori, que 2h de pluie (ce qui est exceptionnel, car Rwenzori veut justement dire « faiseur de pluie » en langue locale). Je n’ai aperçu la neige qu’au niveau du glacier à 4700m d’altitude ! Tout ça pour dire que le temps dans le Rwenzori est très changeant, imprévisible et loin des standards alpins.

Mahangu-Kiondo : le plus beau des gîtes mais également le plus froid. Il est situé à 4300m d’altitude. Le terrain pour y arriver est un mélange de racine et de boue (j’ai déjà effectué la Diagonale des fous à l’île de la Réunion : ici, la difficulté est clairement un niveau au-dessus). Du gîte, vous pouvez réaliser 1h aller-retour l’ascension du Wasuwameso (prononcez ça comme vous pouvez) à 4462m et y admirer la vue sur le lac vert et sur le pic Alexandre situé à 5093 m d’altitude, le pic Marguerite étant caché derrière.

Troisième petit interlude, la flore : en rendrait raide dingue un guide nature. Si une telle personne vous accompagne, doublez le temps nécessaire pour effectuer le trajet car il ne fera que s’arrêter pour s’émerveiller devant toutes les plantes endémiques. On traverse des forêts tropicales d’altitude (des forêts de nuages) avec des fougères de 5m de haut, des séneçons géants (dont un juste en face de la porte du gîte de la Corniche à 4507m d’altitude), des mousses diverses et variées, bref un vrai petit paradis.

Kiondo-La Corniche : le dernier gîte (4507m) ressemble à une petite cabane : pas de cheminée, on peut dormir dedans bien tassés à 6 contrairement aux 3 autres gîtes composés de plusieurs bâtiments : un pour les touristes et un pour les porteurs.

Le chemin pour y accéder est magnifique, on doit redescendre dans une petite vallée pour longer 2 des 3 lacs (les lacs vert, noir et gris). Le trajet est plus rocailleux. Il y a des mains courantes par endroit, fraichement réinstallées. On a vraiment l’impression d’être au bout du monde, on ne serait en aucun cas surpris de tomber nez à nez avec un dinosaure. On arrive à 4400m et la végétation est toujours luxuriante.

Quatrième petit interlude, le pic Marguerite : au gite de la Corniche je croise l’autre groupe qui était présent dans le Rwenzori en même temps que moi. Et ce n’était pas moins que 3 alpinistes chevronnés venus pour rouvrir la voie d’ascension du pic Marguerite via le Congo. Ils ont installé des cordes à l’entrée du glacier et ont commencé à former les guides locaux. A savoir, le glacier est extrêmement crevassé et il a fondu de façon à rendre la pente finale pratiquement à la verticale : les 100 derniers mètres pour accéder au sommet sont devenus l’équivalent d’une cascade de glace ! Bons équipements indispensables. On est très loin du Kilimandjaro, ici un minimum d’expérience est nécessaire.

La descente : une formalité si le temps est sec.

Bien à vous

Tibo

Fayeulth12@yahoo.fr

Auteur de l’article : tibo

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